Revenir à Saison Promo-Découverte 2011

Pau-Arnos, 9 au 11 juillet

 

Ou comment j’ai cramé Van Der Slikke !!!

Compte rendu du week end de course à Pau-Arnos, 5ème manche de l’année (la 3ème pour moi, car je n’ai pas fait Croix en Ternois ni Magny-Cours), catégorie promo-découverte.

En route pour Pau Arnos !!

 

Après 2 mois sans roulage piste (et encore, la journée à Alès n’a pas été aussi bénéfique que prévu, à cause d’un pneu arrière bien plus usé que je le pensais et du coup très glissant dans les courbes à droite…), et 2 mois et demi après la course de Lédenon, il va sans doute falloir retrouver le rythme, à plus forte raison sur ce circuit que je ne connais pas ! Un circuit aussi vallonné que Lédenon, mais apparemment sans courbes aveugles, et qui, d’après de nombreux avis, est un circuit de « gros cœur »… Aïe, pas très rassurant quand même !!
Comme pour Nogaro, afin d’apprendre le tracé, et ainsi éviter de perdre trop de temps lors des premiers roulages, je dégotte une vidéo de caméra embarquée. Je la regarde un peu, au moins jusqu’à mémoriser le sens de tous les virages et d’en estimer en gros la vitesse. De toute façon, je la charge sur le Netbook, en vue de réviser encore sur place, avant le roulage. Le gars tourne quand même en 1’25″, mais il a l’air de vraiment rouler fort. Je pense pas pouvoir m’en approcher, disons que descendre autour des 1’30″ me parait plus réaliste !!!

La vidéo en question

 

Petit contrôle de la moto, chargement, toujours un peu long car il y a quand même pas mal de choses à prendre ! Je prévois un départ le vendredi matin vers 5h, histoire d’être sur place autour de 10h, et ainsi avoir le temps, cette fois, de faire un roulage l’après-midi. Le but, évidemment, étant de ne pas découvrir le circuit au moment des qualifs. Kévin (mon fils) sera mon accompagnant/assistant/coach/supporter du week-end ! Malheureusement, les derniers préparatifs trainent un peu, et je file au lit vers minuit. Pour un lever à 4h, ça commence bien !!
Départ à 5h15, ça va, le planning est respecté pour le moment ! Sauf qu’au bout d’une heure, je me rends compte que j’ai oublié le Netbook… Grrrr ! Bon, ben tant pis pour les révisions, on va pas faire demi-tour pour ça. De toute façon, j’ai prévu un roulage !
On arrive sur place vers 10h30. Ha, cette fois on va poser la tente sur de l’herbe. Ça va sans doute être mieux que le goudron habituel ! On tourne un petit peu pour trouver un emplacement à la fois plat, assez tranquille et spacieux. Kévin en trouve un nickel, dans un grand pré accolé au paddock. Allez hop : déballage, installation de tout le bazar (tente, « table » (planche et trétaux quoi !), chaises, parasol, moto sur béquilles…). Au passage, on se rend compte que l’herbe épaisse, c’est bon pour le confort, mais ça l’est moins pour les petites roulettes des béquilles !! Et faudra aussi faire attention, lors des démontages, à ne pas paumer trop de vis !!! Par contre, nickel pour arrimer tente et parasol. Du coup on s’est trimballé environ 60 Kg de disques d’haltères pour rien ! Bon, c’est pas bien grave…

Je file au contrôle administratif. Y a quasiment personne, c’est réglé en 2 minutes ! Je passe dans le bureau d’à côté pour réserver un roulage l’après-midi. Normalement à 16h, vu que c’est un roulage en priorité pour les promo-découverte, complété par les CB 500. Zut, pas de bol : le gars me dit que c’est complet ! Il lui reste de la place pour rouler à 14h (priorité CB 500, complété par les promo-découverte). Ça ne m’arrange pas vraiment, car je dois encore faire changer les pneus (j’ai encore les Michelin HS du roulage à Alès), qu’il est déjà 12h20, et que, quand même, on aimerait bien manger un morceau. Sans compter que je ne sais pas si le camion Dunlop est ouvert entre 12 et 14h. Sympa, le gars me donne le ticket pour 14h, tout en m’en mettant un de côté pour 16h (tant pis, ça fera une moto de plus que la normale…), au cas où je ne puisse pas rouler à 14h.

Je fonce chez Dunlop poser la question. Un peu space (pour ne pas dire pas super sympa !), le gars répond systématiquement par des questions !

– Vous fermez à quelle heure là ?

– Je sais pas : Ils roulent jusqu’à quelle heure ? (en parlant des sessions qui sont en ce moment sur la piste)
– Ben, je sais pas moi !
– Ha, ben alors ?
– Bon, ok… Et cet après-midi, vous rouvrez à quelle heure ?
– Les roulages reprennent à quelle heure ?
– 14h
– Ben voilà…
– Oui, mais moi je devrais rouler à 14h, il faudrait que mes pneus soient montés avant !
– ….
Devant ce super dialogue, je file démonter mes roues en vitesse, avec l’aide de Kévin : Je démonte l’arrière (en n’oubliant pas de démonter les entretoises cette fois, cf course de Nogaro !). Puis l’avant pendant que Kévin pars faire changer le pneu arrière, pour remplacer le Michelin usé à la corde par le Dunlop obligatoire, mais qui a quand même les courses de Nogaro et Lédenon dans les dents (bien qu’à ma connaissance un pneu n’ait pas de dents !!). Il est assez usé, mais dois pouvoir tenir encore pas mal. L’avant est un peu moins important car, au pire, je peux rouler avec.
Je démonte rapido l’avant et pars à mon tour au camion. Le pneu arrière est déjà changé, roue en cours d’équilibrage, et comme il n’y a personne, ils me prennent la roue avant immédiatement. Ouf, ça va être bon !!
On remonte tout ça en vitesse. On a dû mettre moins d’une demi-heure au total, démontage/remontage des deux roues plus changement de pneus.
Kévin me dit que le sympathique gars de chez Dunlop a quand même fait la remarque, en voyant le pneu arrière qu’on faisait remonter : « Ha mais c’est juste pour faire 1 tour ? Peut-être 2 ? ».
Mouais… Faudrait peut-être aussi les vendre un peu moins cher que ce qu’on peut trouver en magasin, surtout qu’on vous fait la pub en courant avec des autocollants (obligatoires) Dunlop sur nos motos et combis !!!
Enfin… c’est fait. On mange vite fait. Il me reste quand même le temps de vérifier le niveau d’huile puis de refaire les freinages des vis (remplissage et contrôle d’huile, étriers avants), puis c’est l’heure du roulage.

Premier roulage: on découvre…

 

C’est parti. La session durera moins de 20 minutes en fait, à peine une dizaine de tours, tours d’entrée et de sortie compris. Houla… Il est compliqué ce circuit ! Les 10 tours ne me suffisent pas à trouver des trajectoires correctes, et je ne parle même pas de mémoriser les rapports (combien de rapports à rétrograder avant tel ou tel virage ?). Le fait de rouler principalement avec des CB 500 n’aide pas non plus : Ceux qui roulent à mon rythme (voire bien plus vite !) sont plus lents dans les bouts droits, forcément, mais bien plus vites dans les virages. Impossible de m’en servir de guides ! Surtout que, pour ne pas trop gêner non plus, j’évite de les doubler juste avant un virage… Et ceux qui vont à mon allure en virage sont forcément dépassés au bout droit suivant, donc ils ne me guident pas longtemps…
Bref, cette session m’aura bien sur permis de découvrir le tracé, mais je suis loin, TRÈS loin, d’y être à l’aise !!
Verdict : 1’33″4, en gros (chronométré du bord de piste par Kévin). Je suis pas trop mécontent, mais y a du boulot…

 

Direction maintenant les vérifs techniques. Avec 2 courses dans les pattes, ça devrait rouler tout seul. Ben non !!! Même pas vraiment arrivé, un commissaire vient me voir : Y a du changement. Les « 1 » des numéros de course, doivent juste comporter la barre verticale, pas la petite barre en haut ! Y aurait eu des confusions entre des « 1 » et des « 7 »… Bon…

Ça sera vite réglé pour les numéros de chaque côté de la bulle, car ils sont découpés et collés individuellement. J’ai juste à décoller et couper au cutter le petit trait interdit ! C’est plus compliqué pour les numéros en bas de carénage, car ce sont 2 gros autocollants, les numéros et le fond blanc étant imprimés ensembles… Reste à trouver du scotch blanc ! Manque de bol j’en ai pas. Des voisins, qui courent en catégorie Pro Classic me dépanneront avec du double face, plutôt gris que blanc, mais c’est bon, ça passera ! Heureusement, c’était le seul détail, le reste n’est que formalité. Comme l’inspection de l’équipement et le briefing qui va suivre, à 17h.

C’est fini pour aujourd’hui, il est temps de se détendre un peu ! On va faire le tour du paddock, à la recherche de connaissances !

Je retrouve Denis Tacco (GSX-R 1000 orange #148), un gars sympa que j’avais connu à Lédenon, il était installé pas loin de moi. On discute un petit moment. J’apprends qu’il a tourné en 1’30″ le matin. Bigre ! Il me met quand même plus de 3 secondes, alors qu’à Lédenon j’étais plus vite de 4 secondes !

Je me dirige ensuite à la recherche des motopistiens présents ici : Tripou63 (Thierry Cheynoux, Triumph 675 Daytona rouge #100), Schum (Julien Skadarka, Yam R1 orange fluo #107), et Carpiste (Anthony Monteil, Kawa ZX-6R verte #90), le plus rapide d’entre nous. Thierry et Julien sont installés ensemble. On discute un bon moment, autour d’une bière offerte par Thierry. Là aussi, il me dit qu’il est pour l’instant en 1’32″, soit une bonne seconde et demi devant moi (j’étais 5 secondes devant aux qualifs de Lédenon, 2 secondes sur les temps de course)… Je me dis naïvement que logiquement je devrais gagner pas mal de temps demain aux qualifs.

Je trouve aussi Anthony. Aïe, la Kawa est marquée par une bonne glissade lors d’un roulage. Mais rien de méchant, ça va le faire pour demain. Je sais même plus si on a parlé chronos, mais de toute façon, Anthony est hors de ma portée !! (il a fait 2 et 3 à la première course, à Nogaro !)

Allez, il est temps de retourner à l’emplacement. Repas, douche (juste chaude…), et dodo !!! Demain, y a pas le feu : la séance de qualifs est à 12h10. Cool !

 

En fait, pour la grasse matinée, c’est un peu râpé : Déjà, sous une tente en juillet, forcément, il fait jour de bonne heure. Mais surtout !!! A partir de 7h45 on entend déjà la sonnette qui hurle à chaque fois que quelqu’un passe devant le faisceau installé dans la voie d’entrée aux stands, utilisé pour prévenir qu’une moto quitte la piste et rentre aux stands !

Cette fois, on a le temps : Les qualifs à 12h10, ça veut dire en prégrille à 11h50, donc commencer à s’équiper à 11h40, à peu près. Mais Kévin gère tout ça très bien (y compris l’heure d’aller faire mon jogging échauffement/destressant, et la préparation de mon bidon de boisson énergisante), j’ai pas besoin de me tracasser !!! Et en plus il demande même pas de salaire, que demander de plus ? !!! 😀

Qualifs: la douche froide ! 🙁

Rémi, mon neveu, nous rejoint vers 10h30, après avoir tourné un peu pour trouver le circuit !! Il était venu me voir à Nogaro, et a décidé de revenir ici. Ça me fait bien plaisir, et un supporter de plus, ça peut pas faire de mal !!!

Allez hop, c’est l’heure des qualifs. Faut que j’arrive à bien mémoriser, que je corrige au moins la trajectoire du Fer à cheval (je sais pas si c’est son vrai nom…), le premier virage à droite (repère B sur le plan du tracé), qui se prend en fait plutôt comme un double droit, assez serré sur la fin et en descente. Lors du 1er roulage, je réaccélérais trop tôt et sortais au raz du vibreur extérieur. En ayant vu tourner les 1000 et 600 promo, j’ai vu que tout le monde le prend en sortant au pire en milieu de piste, voire au 1er tiers, de façon à être mieux placé pour le gauche suivant, assez proche et très rapide. Les tours s’enchaînent… Je me sens mieux, les traj’ rentrent, je commence à trouver les bons changements de rapports. Je pense que je vais être autour des 1’30″ – 1’31″… Le seul truc qui m’inquiète un peu, c’est que je double très peu de pilotes, alors que beaucoup me doublent… Hum…

Au 6ème tour, je me fais passer par Schum, dont la R1 orange fluo est assez facilement reconnaissable. Mais quelques virages plus loin, dans le 2ème gauche du circuit, un virage qui se prend assez fort car relevé, je le vois en train de glisser et de partir dans la terre dans un panache de poussière, lui et sa moto effectuant quelques figures libres impressionnantes ! J’ai juste le temps de me dire : « Ho mer…, Schum !!! », et je passe, ne voyant pas jusqu’où il va. Cette chute provoquera un drapeau rouge au tour suivant. La séance qualifs est terminée. J’apprendrai plus tard que Schum est parti à l’hosto : Clavicule en 3 morceaux, contusion pulmonaire et pneumothorax… Quand même… 🙁
Je quitte la piste, passage au sonomètre. 93 dB… Elle est bien silencieuse cette R6 !! Je la ramène à son emplacement, qu’elle se repose sur ses béquilles, souffle un peu, puis revient voir un peu le résultat de ces qualifs. Je cherche mon n° vers le milieu de la liste. Comme je ne me vois pas, je remonte… Toujours rien. Allons bon ! Je redescend… Arrrghh ! Je suis 29ème, sur 33, avec un chrono de 1’35″140. Purée, c’est pas vrai ! J’ai roulé 1 seconde et demie moins vite qu’hier !!! Des gars avec qui je m’étais arsouillé à Lédenon ou Nogaro sont 4 ou 5 secondes devant ! Je suis à presque 9″5 de la pôle !!

 

Pau Arnos Course 1

Quelques photos de la course 1. (Bon, vu la distance, vaut mieux passer en plein écran, bouton « Fullscreen » !!)

 

Mon moral en prend un sacré coup, et l’après-midi, jusqu’à la course à 18h15, va être longue et morose : Je suis très déçu et, surtout, je ne comprends pas où je peux gagner autant de temps !

Je vais occuper mon après-midi entre l’observation des autres catégories en train de rouler, discussions avec les potes du paddock, et surtout sieste, en essayant de comprendre où je perds toutes ses secondes. Mais je ne trouve pas d’explication. De toute façon, vu la valise que je prends, c’est surement un peu partout !!!

Finale 1: chaotique, mais finalement pas si mal…

17h20. Il est largement temps d’aller s’échauffer un peu. Je risque pas d’oublier : Le Coach Kévin me rappelle à l’ordre si je traine !!!

Equipement, prégrille… Je suis quasiment au fond. Normal : il y a un pilote derrière moi, et 3 sur ma ligne, la dernière complète… Je me rends compte qu’en plus, sur les 4 pilotes que j’ai devancés, 2 sont sur des Kawa ER-6. Autrement dit, même si c’est une chouette moto, ils ont quand même un sacré handicap de puissance (environ 30 cv de moins que moi, presque 130 de moins que certains) !!!

Je me motive en me disant que normalement, je ne peux que gagner quelques places, surtout que jusqu’à présent, j’ai plutôt bien réussi les 4 départs que j’ai effectués…

Allez hop, ouverture de la prégrille, on s’élance. Petit tour de mise en place tranquille. On part ensuite ligne par ligne. La vache, je réussi super bien ce départ : lâcher d’embrayage nickel, le poids bien porté sur l’avant. La roue avant se lève mais reste à environ 10 cm du sol jusqu’au passage de la 2, ne m’obligeant même pas à couper… Faut faire le même tout à l’heure !!

On en termine avec ce tour de chauffe, bien plus rapide, pour chauffer (d’où son nom !) les pneus. Attention : je suis sur l’avant dernière ligne, donc il n’y aura pas beaucoup de temps entre mon retour sur la grille et le départ !! Mise en place, le drapeau rouge s’efface déjà. Fermeture de la visière, les feux rouges s’allument. Je maintiens le moteur autour des 8 000 – 10 000 tours… Purée, il est bien long ce rouge !? Ca s’éteint ! Je réagis assez vite, lâche tout et pars à peu près comme au tour de chauffe. L’embrayage à peine lâché, j’ai déjà passé une ligne, puis rapidement une deuxième. Je me porte à la hauteur de quelques pilotes de la 3ème ligne devant moi au moment d’attaquer la chicane rapide, à droite. Je freine un peu plus tard et fais l’extérieur à 1 ou 2 pilotes de plus… Ho non !!! Ca s’accroche devant, 2 pilotes au moins chutent, avec le paquet qui arrive !! Je décide immédiatement de redresser la moto et couper droit dans l’herbe. Ca me parait trop hasardeux de rester sur la trajectoire normale… Haaaaa ! Un des pilotes qui a chuté valdingue dans l’herbe, droit devant moi, à quelques mètres ! Là, des images défilent à une vitesse ahurissante. C’est dingue tout ce qu’on peut penser en très peu de temps dans ce genre de situation ! Je me dis immédiatement que si je ne l’évite pas, ça peut être grave pour lui, je pense à Tomizawa, à un concurrent du Promosport qui avait perdu la vie à Lédenon après s’être fait percuté au sol par un pilote arrivant derrière… Après coup, je ne sais pas comment j’ai eu le temps de penser à tout ça, et en même temps m’obliger à prendre un peu d’angle, dans l’herbe, juste assez pour l’éviter… Ensuite, traversée mouvementée du bac à gravier, avec l’arrière de la moto qui ballade, un pied qui glisse du repose pied, puis l’arrivée salvatrice sur la voie de sortie des stands !!! Je ne reprends même pas la piste à cet endroit, pensant que la meute arrive, et ne voulant surtout couper la route à personne (mais en réalité, il en reste peu, car la plupart de ceux que j’avais doublés sont déjà repassés…). Je continue dans l’herbe et rejoins la piste quelques mètres plus loin. Bien sûr, j’ai perdu tout le bénéfice de mon super départ, il ne reste que 3 pilotes derrière moi. Pour bien laisser les autres s’échapper un peu plus encore, je me fais « avoir » par un concurrent devant, qui lève le bras. Je me dis qu’il doit y avoir un drapeau rouge, et roule lentement pendant 2 virages. Mais non, c’est certainement juste lui qui a un soucis…

 

Un départ un peu mouvementé…
(désolé pour la qualité des vidéos… Soyez indulgents, c’est filmé avec un téléphone !)

 

Je me relance, va falloir essayer d’en remonter un peu !! Je rattrape et double quelques pilotes, dont certainement mon pote Denis Tacco, car il va me redoubler 2 ou 3 tours plus tard. Je m’accroche, le repasse au freinage de l’épingle, au bas de la descente rapide (repère H). Puis il repasse à son tour. Cette fois, il me distance légèrement, assez en tout cas pour que je ne puisse plus lui faire les freins !! Mais 2 tours plus tard, à ce même freinage, je le vois tirer droit (heureusement sans tomber) dans le bac à graviers ! Kévin m’a dit après que sa sortie était assez marrante, façon Joe Bar Team, avec la roue avant à moitié enfoncée dans le gravier ! Il lui faudra une bonne minute pour en sortir, car il a fait ce tour là en 1’15″ de plus que ses autres tours !

 

La moto orange devant moi, c’est Denis Tacco, peu de temps avant son tout droit !

 

Je ne vais plus doubler grand monde, ni me faire doubler. Enfin, si: à 2 tours de la fin, je prends un drapeau bleu en arrivant à Laguna Seca ! ça fait jamais trop plaisir, mais en même temps, vu mes performances aux qualifs, je m’y attendais. Je pensais même le prendre plus tôt que ça ! Bref, Assemat me passe très facilement, sans que je le gêne, entre la chicane (I) et le droite qui suit (J) et commande la ligne droite de départ. Du coup, à la sortie de ce droite, je me dis que Van Der Slikke ne doit pas être loin. Je me retourne. En effet, il est à une cinquantaine de mètres derrière. Je me mets milieu de piste, pour ne surtout pas le gêner. Mais j’ai un peu surestimé l’écart de vitesse, et suis obligé de couper dans la ligne droite afin qu’il passe avant la chicane rapide, parce que là, il n’y a qu’une seule trajectoire et il la prend certainement bien plus vite !

Mais je me suis quand même fait plaisir. Mes trajectoires se sont améliorées, je me suis forcé à prendre un peu plus d’angle dans les virages… J’espère être dans les 20 et avoir amélioré mon chrono…

Quand je reviens voir le classement effectivement y a du mieux : je suis 18ème, et mon chrono est descendu en 1’30″533. Plus de 4 secondes et demi de gagnées, je pensais pas à ce point quand même ! Bon, quasiment tout le monde a un peu amélioré, mais je suis maintenant à moins de 6″ du meilleur temps. Y a du progrès !
En y réfléchissant après coup, je pense qu’en fait, avec mes 2 mois sans circuit,  j’avais tout simplement perdu le rythme. J’avais l’impression d’être à mon maxi, ou presque, alors que je n’y étais pas du tout !!!
Pas le temps de trop lambiner : Un tour du circuit à pied, en compagnie de notre mentor Laury Fremy, qui va nous conseiller pour les trajectoires, repaires de freinages et autres, est prévu vers 19h15… Surprise, il est accompagné de Claude Lucas, poleman et futur vainqueur de la finale 1000 promo ici (avec un chrono dans les 1’20″8, ça calme !!!). J’essaie de retenir un peu tous les conseils, notamment en ce qui concerne les points de déclanchement et de corde, même si, avec 10 secondes d’écart au tour, va forcément falloir se méfier un peu !!! En tout cas, ce sont des gars sympas, pas du tout la grosse tête. Un bon moment. Merci à eux !

 

Retour à l’emplacement. On dit au revoir à Rémi qui va nous quitter. Il ne restait que le samedi, mais a tenu à rester pour profiter du tour de circuit à pied ! Petite inspection rapide de la moto : Bon, cette fois, le pneu arrière semble bien au bout. Il aura quand même tenu 5 manches de course (dont 2 sur piste humide, voire détrempée !), 3 qualifs et 1 roulage. Pas trop mal quand même. Reste à espérer que le suivant tiendra le reste de la saison, à savoir 5 manches de course + 2 qualifs.

Repas – douche – dodo… Merci au passage aux voisins non coureurs, installés à une dizaine de mètres au bout du champ, pour avoir bien gueulé jusqu’à minuit et demi. C’était pas le bon week-end pour oublier les bouchons d’oreilles !! Heureusement la course est à 11h40, donc pas de soucis de réveil ! Pour couronner le tout, vers minuit un orage s’abat sur le circuit. Ca claque dans tous les sens, on a même droit à un peu de grèle. Allons bon : Allons-nous encore avoir droit à une course sur le mouillé ? J’ai beau avoir fait mes 2 meilleurs résultats sur le mouillé, la perspective ne m’enchante guère…

Finale 2: Un régal !!

Finalement, au réveil, l’herbe est mouillée, mais sans plus… Les autres catégories, qui ont déjà attaqué leurs finales, sont en train de nous sécher la piste ! On va faire changer le pneu arrière, en pensant cette fois à vérifier la pression, histoire de ne pas rouler avec 2,4 Kg de pression comme après le montage à Nogaro ! C’est d’ailleurs très certainement ce qui fait que le pneu a eu très rapidement un aspect « déchiré »…
Plus qu’à patienter jusqu’à la finale. Pas très longtemps en fait, puisque Coach Kévin m’envoie courir vers 10h50 !
Allez, c’est reparti en direction de la prégrille. Là, un commissaire me fait remarquer que mes pneus sont tout crades (un peu normal : herbe + terre humide pour venir du campement à la prégrille, avec seulement une trentaine de mètres de bitume…). Il me demande de nettoyer pour éviter d’en mettre sur la piste. Oups ! Kévin s’en charge, en demandant du chiffon au camion Dunlop, juste derrière. Il n’oublie pas non plus de me rappeler de faire gaffe au pneu arrière flambant neuf, donc un poil glissant au début.
Surprise: Fabien (CB 500 cup #99) et sa copine Elodie, qui nous avaient été d’un grand secours pour la première, à Nogaro, viennent me faire un petit coucou avant le départ ! Du coup on mangera ensemble après la course. Ça m’a fait bien plaisir de vous revoir ! 😉
Tour de mise en place très prudent : Rodage des pneus, l’œil attentif aux éventuelles traces humides, mais ça va, il n’en reste plus.
Départ du tour de chauffe : Encore un départ réussi, on va forcer un peu plus sur les pneus. Ça a déjà l’air de bien accrocher, et la moto me semble même rentrer un peu plus facilement en courbe, comme si l’arrière était directeur et aidait l’avant à rejoindre la corde !! Ça me plait…
C’est le départ ! La grille a changé, à cause du forfait de 2 pilotes. Je suis bien sur toujours quasiment dernier (27ème sur 31), mais cette fois je suis sur la droite de la piste, avec juste un pilote à droite. Je prévois de partir directement vers la droite pour me retrouver à l’intérieur du premier virage de la chicane (au contraire d’hier). En réalité, ce sont ceux de devant qui vont décider pour moi !! Comme hier, je pars très bien. Un trou se présente devant moi, légèrement vers la gauche. Je m’y engouffre puis, vu que je suis déjà parti dans ce sens, file tout droit vers le bord gauche de la piste, en remontant de nouveau quasiment 3 lignes d’un coup. Cette fois, la chicane passe bien, mais pour éviter tout risque, je rentre bien à l’extérieur du droit, et coupe un peu le vibreur intérieur du gauche, roulant sur la partie cimentée… Après 3 virages, je suis 17ème!

 

Cette fois, ça passe sans encombres !

 

Je vais continuer à passer en gros 1 pilote par tour pendant 5 tours, en moyenne, dont 3 d’un coup au freinage de l’épingle au bas de la descente ! Le pneu neuf change quand même pas mal, et me met en tout cas bien en confiance. Je prends plus d’angle que dans la course précédente, c’est sur. Je vais même poser régulièrement le genou ! Ca peut paraitre bizarre, mais depuis que je roule sur la R6, je ne l’avais jamais posé encore (hormis un tout petit effleurement dans le « gauche qui tue » de Lédenon), même en suivant, ou doublant, des pilotes qui eux le posent largement !! Je pense que c’est en fait un gros manque de souplesse ! Combiné aux commandes reculées de la R6 (car j’y arrivais sur la SV, en tournant 4 secondes moins vite à Lédenon, par exemple), et à une combi toujours un peu trop juste (même si elle commence à se faire), qui m’empêche de bien ouvrir la jambe intérieure !

 

La fin du premier tour, avec Van Der Slikke et Assemat déjà échappés… Je gagne une place à la sortie du double-droit.

 

2 tours plus tard, encore une place gagnée dans le double droit.

 

Pendant les 5 ou 6 tours suivants, je ne vais plus voir grand monde. Puis, à 5 ou 6 tours de la fin, j’entends un gars qui me colle (Arnaud Laborie, Yam R1 bleue n°24), surtout au moment de la réaccélération de l’épingle ou j’entends bien son moteur ! Il me met la pression. Sachant que de toute façon, je suis juste en puissance, je vais surtout m’appliquer à soigner les sorties de virages, quitte à perdre un peu de temps dans le virage lui-même. En fait, il va me faire tourner plus vite (les 6 derniers tours sous les 1’30″), et vice versa. Les bénéfices de la course : on peut aller plus vite grâce aux autres !! A 2 tours de la fin, on commence à remonter sur Kévin Clere (N° 112). Au passage du panneau indiquant le dernier tour, il n’est plus très loin, moins de 2 secondes à coup sur. Je le rattrape vraiment, et commence à y croire. Mais je vais faire une erreur au freinage de l’épingle. Je ne rétrograde qu’une vitesse au lieu de deux, et ressort en 3. Houlala, ça rame !!! Il reprend de la distance, je ne l’aurai pas mais, surtout, j’ai peur de me faire passer par la R1 qui me suit toujours, et que j’entends bien accélérer juste après moi ! Il ne pourra pas passer au freinage de « laguna Seca » (quelle horrible chicane, très lente, en descente, et une sortie en fort dévers !!). Je m’applique pour la sortie, rentre comme un porc dans le dernier droite et le sacrifie pour pouvoir accélérer très tôt et le plus possible. Ça le fait : je termine à 5 dixièmes de Kévin Clere, et garde un peu plus de 3 dixièmes sur Arnaud Laborie. On en discutera après la course, et il me dira que lui aussi a pu rouler plus vite en me suivant, mais ne pouvait pas me doubler malgré ses 180 cv car, d’après lui, j’avais une très bonne trajectoire en sortie et accélérais bien plus tôt. Ben tant mieux !!!

 

Pau Arnos Course 2

Quelques photos de la course 2.
 

Bilan: Débuts laborieux, mais progression satisfaisante

Au final, je finis 12ème, et ai encore bien amélioré mon meilleur tour : 1’28″970. Je ne suis plus qu’à 4″2 du meilleur temps en course. C’est encore beaucoup, mais bon, ça me satisfait déjà pas mal…
Au général, je suis 15ème avec 4 points, assez loin des 6ème (14 points) et 8ème (17 points) places décrochées à Nogaro et Lédenon. Par contre, je garde un excellent souvenir des courses, notamment la 2ème, avec de super sensations sur ce circuit très valloné. Par ordre de préférence : Le long droit (repère G sur le plan) en descente juste avant l’épingle, qui passe presque à fond de 4 genou par terre. Le long gauche relevé (repère D), qui permet de mettre beaucoup d’angle…
En tout cas, de nouveau un super week-end ! De toute façon, chaque fois que je rentre d’une course, je n’ai que ça en tête pendant les 3 jours qui suivent !!! Les images se bousculent, chaque fois c’est pareil. Je revois ce que j’ai fait, ce que j’aurais pu faire, où j’aurais pu gagner du temps, les chutes évitées, les chutes survenues devant moi (ça c’est pour toi, Julien ! 😉 )… Et il me tarde vraiment d’être à la prochaine !!!
Pour moi, ce sera à Alès, les 20 et 21 aout, puis Lédenon 3 semaines plus tard. Il y a Le Mans ce week-end (22 et 23 juillet), mais je n’y vais pas. Dommage, mais ça fait trop loin, et le budget est déjà malheureusement assez conséquent…

 

Ha… Et alors ? Pourquoi ce titre racoleur ? Vous allez dire que j’ai pas du tout cramé Van Der Slikke !!
Ben si ! Dans la grande ligne droite, du côté de Carcassonne, sur l’autoroute du retour… Non mais !!! 😀

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    • Rémi on 25 juillet 2011 at 20 h 32 min

    Encore un très bon résumé très sympathique a lire ! 😉

    C’est cool que la deuxième ce soit bien mieux passée, et que t’arrive enfin a poser ce genou ! :p

    • cochise on 25 juillet 2011 at 23 h 51 min
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    Merci 😉

    Prochaine étape: le coude ! (en même temps que le casque et les épaules !!)

    • boubbou on 27 juillet 2011 at 14 h 16 min

    si tu fais ça t’es pas prêt de venir me dire bonjour dans la semaine !!!!
    enfin si tu penses à venir !!!!!

    • cochise on 27 juillet 2011 at 15 h 57 min
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    J’y pense…. mais tu te caches !!! 😉

  1. ben dis donc, sacrée course, félicitation, de beaux progrès sur ce tracé pas facile, j’aurais aimé en être!

    • cochise on 8 août 2011 at 22 h 53 min
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    Merci ! Oui, ça aurait été cool que tu y sois ! Tu viens à Alès ? Ou la 2ème de Lédenon ?

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